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Il serait juste de revenir là où le mensonge a pris racine, là où le leurre a piégé votre soif. Jusqu’à brader les lumineuses citadelles que vos ancêtres ont forgées de sacrifice, d’esprit et de grâce. Vous avez tant et tout bradé de l’essentiel héritage, jusqu’à vous perdre. Et dans le creuset de votre égarement, et à l’apogée de votre asservissement, sans opposer le moindre soupçon de semblant de résistance, vous avez abdiqué nos plus belles valeurs bien sûr et renoncé incessamment, très lâchement, à nous protéger. Comment avez-vous osé oublier votre responsabilité à notre égard ?

 

D’abord, de votre inanité, vous avez favorisé la naissance de l’abus. Vous l’avez ensuite aidé à se construire un florissant avenir, vous lui avez offert la pleine et parfaite possibilité prendre toutes ses aises et toutes ses forces, souffle après souffle, pierre après pierre. Et l'air de rien, de votre lâcheté, vous avez exaucé la métamorphose odieuse d’un banal voyageur en l’immonde conquérant aux appétits incommensurables. Le voilà puissant, nourri de vos absences, de vos félonies, de vos trahisons, à défaire nos liens et nos enracinements, assombrir nos sanctuaires et décapiter nos sources de lumière. Puis, en apothéose de farce, vous avez offert notre soleil aux mains absurdes et criminelles, scellant ainsi le sort de notre insouciance juvénile, brisant en mille désespoirs notre idéal de bonheur. Nous ne pouvons plus dormir sur nos rêves blancs et sur nos feuillages candides. A cause de vous. Il nous faudra une éternité pour abolir le destin de votre si laide veulerie. Et une autre éternité pour refaire le monde juste que vous avez tant défiguré !

 

Nous étions là, impliqués et dévoués. Tous prêts à servir l’idéal que vos pères ont créé et auquel, nous et nous seuls, avons encore foi. Nous sommes présents, tous réunis, autour du mot, pour lui donner une voix, un écho et une puissance résonnante jusqu’aux pays ravagés. Brusquement, vous rendez le mot confus et sourd. A confondre nos élancées juvéniles. A briser nos victoires culminantes. Celles-là mêmes qui manquent cruellement à notre pays. Notre pays que vous tenez à présent sclérosé et pétri d’incertitudes. Quand le mot devait être porteur de lumière, vous l’avez érigé en obscurantisme. Dès ce jour-là, il a fait sombre, vous êtes sombres. Voilà que vous arpentez les corridors lugubres de l’échec et de l’effondrement. Vous avez précipité dans les vertiges funestes du mensonge nos plus vaillants résistants, par une désespérance brutale et suicidaire. Tandis que le poète, courageux et franc, s’élance de sa fougue légendaire, au tréfonds de sa promesse libre et engagée, bénissant toutes les échappées vermeil. Le poète, votre ultime et obsédant obstacle devant l’anéantissement de nos territoires. Vous tentez violemment mais vainement de le neutraliser le poète et de réduire ses chants au silence dangereux de votre méfait.

Vous auriez souhaité qu’il n’existât jamais, le poète !

 

Révoltante, inadmissible réalité que celle que vous nous composez et inaugurez en monstrueuses fanfares, en brisure de l’Histoire, en frappant de léthargie chaque conscience qui s’éveille et qui s’oppose à l’ensevelissement de la liberté qui emporte avec lui le songe juste de nos séculaires effort, alors nous refusons cette réalité ciselée de vos compromissions et de de vos démissions.

Qu’il n’y ait point de justice, ici-bas, sous votre ciel, parmi vous n’est point une fatalité. Vous oubliez sans doute que votre ciel est nôtre. Et si vous feignez d’oublier, le ciel lui, ne nous oublie pas. En effet, je vous vois creuser une immense sépulture pour taire nos songes. Je vois même que vous prenez goût quand, honteusement, vous accomplissez l’injustice avec retentissement déletation. Vous élaborez l'illusion du sens nouveau, avec rapacité acerbe et saisissante, à chaque crépuscule que vous condamnez. Vous procréez l’infâme mythe avec brio et écho. Et je sais combien cela vous est aisé, car nés cœur de l’outrance, vous ne pouvez œuvrer pour son contraire. Vous atteignez même le comble de l’incohérence en métamorphosant de braves et présents militants, en absents et accusés. Vous nous affligez alors une infinité d’énanthèmes et de tracas. Vous vous dites que cela nous occupera et nous éloignera de nos révoltes. C'est le seul instant de naïveté que vous composez, en pourchassant notre fougue.

 

Et enfin, vous voilà maintenus en l’insoutenable peur de voir arriver le moment inéluctable des comptes. A l’œuvre de votre ultime fatalité : Vous êtes contraints par votre « œuvre », de subsister, les yeux ouverts, et sur vos gardes, inquiets d’être, à chaque instant, dévoilés.

Je me demande alors si vous êtes à condamner ou à plaindre !

 

Les Survivants et les Absents 
Les Survivants et les Absents 
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